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Interviews
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| Tiken jah Fakoly (20 jan. 2005 - EMB, Sannois) |
Confession
d’un artiste engagé
Après l’accueil que lui a réservé Sannois lors de son dernier passage, Tiken Jah Fakoly, le reggaeman ivoirien, ne pouvait que revenir donner à l’EMB la primeur de son dernier "coup de gueule". Interview. Outre le chanteur engagé, ton public va bientôt te découvrir en tant qu’acteur. Comment s’est passée cette expérience ? C’est vrai que j’ai participé au tournage du prochain film d’Eliane de Latour « Les oiseaux du ciel » pour lequel j’ai aussi écrit une chanson. Au début, je devais jouer le rôle principal, mais ça m’aurait pris beaucoup trop de temps. Je ne pouvais pas allier le métier d’acteur et celui de chanteur. J’ai donc fait juste une apparition dans une scène où je joue mon propre rôle. C’était vraiment une expérience très intéressante et c’est dommage de n’avoir pas pu l’exploiter au maximum. J’aimerais bien renouveler cette aventure ! Comment partages-tu ton temps entre l’Europe et l’Afrique ? Je passe pas mal de temps en Europe à cause de mes tournées. C’est pas vraiment un choix de ma part, mais le continent africain n’est pas encore assez structuré pour que je puisse tourner aussi dans de bonnes conditions. C’est dommage. Mais dès que j’ai un peu de temps ou une opportunité, je retourne en Afrique. Là-bas, il y a plus de soleil ! De toute façon, même quand je suis en Europe, je me tiens informé de ce qui se passe là-bas, par Internet notamment. Et puis, je puise mon inspiration dans la chanson mandingue, elle me suit partout. J’écoute particulièrement Salif Keïta, Sékouba Bambino ou Traoré. On t’avait vu dans un concert de soutien aux altermondialistes à Annemasse en 2003, tu entretiens toujours de bons rapports avec ce mouvement ? Comme je le dis souvent, les altermondialistes et moi on mène le même combat. Je suis toujours disposé à apporter mon soutien à différents mouvements. Je suis d’ailleurs en contact avec des associations comme Attac ou comme Survie, des associations qui se battent pour informer les gens sur l'actualité. Une chose est sûre, c’est que s’il y a d’autres actions comme à Annemasse, je serai sûrement de la partie. Les textes de ton nouvel album "Coup de gueule" oscillent entre désespérance et optimisme. Quel sentiment domine quand tu parles de l’Afrique ? Aujourd’hui, je suis déçu. Déçu par le comportement d’anciens opposants que je soutenais et qui ont complètement changé de discours une fois qu’ils sont arrivés au pouvoir. Pourtant, j’ai la même maladie que les rebelles. Mais on n’arrivera pas à changer l’Afrique avec les personnes qui retournent leur veste. C’est ce qui s’est passé au Bénin, en Côte d’Ivoire. Je pense que la seule porte de sortie à l’heure actuelle est l’Union Africaine. Il existe déjà une forte volonté d’unification portée par des hommes comme M’Beki [président de l’Afrique du Sud et de l’Union africaine, ndlr]. C’est mon combat de concrétiser cet espoir, mais pour le gagner, il faut arriver à changer les mentalités, celles des gouvernants en particulier. Comment s’est passé l’écriture de ton nouvel album ? J’ai travaillé notamment avec Magyd Cherfy, de Zebda. On avait un parcours similaire, et on s’est retrouvé dans "Où veux-tu que j’aille". Quels sont tes futurs projets ? Si je pouvais, je ne ferais de la musique que sur scène. C’est vraiment là où je me sens le mieux. En ce qui concerne un album Live, c’est vrai que j’y pense de plus en plus. Mais bon, il ne faut pas se précipiter. Il viendra tôt ou tard. Je souhaite aussi faire connaître ma musique, et mes opinions, internationalement. Site Internet : |
| © Sabine Girbeau et Camille Villeneuve - 20/02/05 |