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Stevo's Teen (4 décembre 2004 - Vauréal)
STEVO’S TEEN : BON ANNIVERSAIRE !
Un groupe qui joue comme des pros avec un état d’esprit cool d’amateurs

Bon anniversaire Stevo’s Teen
Merci, c’est gentil

Présentez-nous votre parcours ?

Le groupe est né en 1994, il y a 10 ans, donc. Nous avons produit quatre albums, le premier album est sorti en 1998 et quand on écoute on est tous morts de rire. Le deuxième a été distribué en 2000, puis "Airlines" en 2003 et cette année un live avec "Stevo’s Teen ça part en live". Chaque album est autoproduit et reflète bien ce que nous étions à ces moments. Pour le dernier on a mis le paquet pour la production, on est super contents !
Pendant 7 ans on était des amateurs et depuis trois ans nous sommes passés pros. On a procédé par étape. Depuis les débuts, il n’y a plus que le batteur et moi. Au départ, c’était vraiment un loisir : "je viens, je m’amuse et puis je me fais chier, je me casse". On a eu en tout 8 batteurs, 6 bassistes et au moins 40 cuivres. Et notre premier batteur chante aujourd’hui du Johnny Hallyday dans les bals.
Nous faisions du punk rock, j’étais influencé par Ludwig Von 88 qui sont un peu les premiers à avoir mis du ska dans du rock et par les Chérifs qui sont de Montpellier. Pour le ska, nos influences au début, ce n’était pas du tout la musique jamaïcaine, c’était Madness et Ludwig. Ensuite, on a cherché les origines du ska et des reprises de Ludwig, nous nous sommes alors mis à reprendre les Skatalites. On est devenus plus roots. On a beaucoup écouté aussi les Massilia sound system et Zebda à leurs débuts.
Maintenant, nous en sommes à 400 concerts, on est passés de 20 concerts à 70 par an.

Vous êtes autodidactes ?
Le noyau dur oui, après, petit à petit ce sont des pros (surtout quand nous sommes passés pros) qui sont venus renforcer le groupe. Il y a eu deux vagues : celle de l’amateurisme et celle du professionnalisme. La moitié du groupe n’a pas suivi car il y avait un prof et un médecin qui ne voulaient pas quitter leur travail. Maintenant, on répète beaucoup plus, ça reste une passion mais c’est aussi notre travail, c’est un autre état d’esprit.

Comment c’est passé ce passage au professionnalisme ?
Au bout de sept ans, on commençait à être connus et réclamés un peu loin de chez nous. Cela devenait dur de concilier musique et nos boulots à côté. Alors soit on continuait et le groupe allait stagner, soit on s’investissait à fond et on tentait l’aventure. Et on a tenté l’aventure !

Qu’est-ce qui caractérise Stevo’s Teen ?
Moi j’aime bien le côté amateur-pro. Un journaliste, je crois, nous a bien résumé "un esprit punk dans un corps cuivré".

Est-ce handicapant d’avoir une image festive ?
Non, parce que c’est ça qui nous a fait et qui fait que Stevo’s Teen est Stevo’s Teen aujourd’hui.
Mais c’est vrai que le mot festif est devenu presque péjoratif, ça fait pouette pouette !!!. On ne fait pas du festif pour faire du festif, genre buvez de la bière et faîtes la java. Dans nos paroles, il y a plein de messages. Au début, le festif c’était vraiment les Marcels, la Ruda et puis après il y a eu toute une vague festive où tout le monde a voulu en faire. Avant 94, le ska se résumait à Madness en France, depuis il y a de nombreux groupes qui se sont développés. Enormément de groupes de jeunes ont fait du ska festif et donc le ska festif est devenu connoté : groupes de jeunes qui débutent. Les programmateurs, c’est vra,i dans certains endroits comme à Montpellier, en ont eu marre du ska mais maintenant, c’est fini, les jeunes font tous du Métal ! On remarque même que de nombreux groupes de notoriété tentent de s’en échapper. Le ska festif est considéré comme une musique facile mais je défie certains d’en faire, avec de bons riffs et de belles mélodies.

Et vous, c’est du ska fanfare ?
Au début, on se disait ska musette mais ça faisait un peu accordéon ! Un jour un gars nous a dit "c’est plus du ska fanfare que vous faîtes" et depuis, on a adopté le nom. On aime bien cette qualification parce qu’on a l’aspect cuivré mais notre base c’est quand même la guitare, la basse et la batterie.
Regarde un autre phénomène, les groupes avant mettaient les cuivres en avant, maintenant ils sont sur un podium derrière. On a durci les guitares, il y a une tendance au retour du rock et nous on ne veut pas. On laisse les cuivres devant.

Votre public ?
En concert, ce sont des jeunes, c’est génial, ils ne s’arrêtent pas de slamer et ils ne sont pas là pour regarder si on se goure à la guitare, du style : "Ah ! Le La majeur, c’est pas terrible". Heureusement, ce sont des jeunes et ils veulent que ça pulse. Ce qui est bien quand ils sortent de nos concerts c’est qu’ils ne disent pas "vous avez bien joué" mais "vous avez la patate" !

Comment naissent vos morceaux ?
Souvent à partir de la guitare et du chant mais parfois aussi à partir de mélodies de cuivres.

Vous dénoncez pas mal de choses dans vos chansons, êtes-vous un groupe engagé ?
On ne se considère pas comme un groupe engagé comme les Marcels qui s’investissent au delà de leur musique. Je trouve qu’un concert n’est pas forcément un bon endroit pour ça. Je n’aime pas les groupes qui en profitent pour balancer de gros clichés. Mais bon, on a fait pareil à nos débuts. Ça n’empêche pas d’avoir des opinions, en particulier, sur la mondialisation mais on les fait passer par nos chansons. Nous sommes engagés mais légers.

Vous dénoncez en particulier la mal bouffe donc on voulait vous demander votre recette préférée ?
C’est vrai que l’on dénonce la mal bouffe, la chanson sur le McDo est partie d’un truc réel comme beaucoup de nos chansons d’ailleurs. Des amis ont démonté un Ronald et ont filmé des scènes où on voit le Ronald séquestré, gavé de navarin d’agneau. Les gars étaient masqués et tout. C’était trop bon !!! Ils ont envoyé tout ça aux médias. Puis après il y a eu le démontage du McDo mais on avait fait la chanson avant. Des gens ont dit qu’on était opportunistes, mais tu vois ce n’était pas dans le but de faire une chanson anti-mondialiste et tout...
A Montpellier, on n’est pas loin de l’Aveyron, du sud-ouest donc du cassoulet. La recette dans notre groupe (vient glisser un des membres) c’est la tapenade qui est un mélange d’ail, d’anchois et d’olives. (Réponse du chanteur) Lui tu vois, il te parle de la tapenade, mais il est alsacien ! Tu sais, de nous il n’y en a aucun de Montpellier même. Montpellier c’est une ville très étudiante, 20 % des gens sont vraiment Montpelliérains. Je viens du Var, les autres de Nîmes, du Gard, de Bretagne, de la Lozère et même de Tonnerre dans l’Yonne...

Une anecdote ?
Un soir on joue dans une bodega à Albi et le serveur à chaque fois qu’on lui demandait à boire, il nous amenait des litres. Que des litres, c’était la folie !! Et un de nos anciens musiciens qui était instit était bourré, complet et il faisait n’importe quoi. Au bout d’un moment on lui dit "arrêtes tu fais n’importe quoi", il nous écoute, descend de scène, se met au tout premier rang et se met à nous applaudir et crier "Ouais vous êtes géniaux, j’adore ce que vous faîtes". Il y avait de la bière partout, c’était la folie. Et ce même soir, le sax qui était médecin habillé en disco, m’appelle et me demande s’il n’était pas gonflé, en fait une bestiole l’avait piquée et il était tout bouffi. On appelle le SAMU on continue sans lui, il part donc en tenue disco, paillettes, pattes def… vers l’hôpital. Puis il est revenu avant la fin du concert pour finir de jouer avec nous. Tout ça dans la même soirée ! C’est un grand souvenir !

En dehors de la musique, vous avez une passion ?
On fait de la philatélie (rires) non, comme un peu tout le monde, les jeux vidéo, l’ordinateur principalement.

L’interview se finira sur une note un peu moins gai, le groupe nous expliquant les difficultés qu’ils allaient connaître du fait des nouvelles réformes sur l’intermittence.

Merci Stevo’s Teen.

Site Internet : www.stevosteen.com

Remerciements : Audrey, Stevo’s Teen et à l’ensemble du Forum.

© Justine et Antoine 13/12/04