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Le Maximum Kouette (20 novembre 2004 - Cergy)

Maximum KouetteLES KOUETTES : C’EST VRAIMENT CHOUETTE ! !
C’est dans le cadre de la semaine de la solidarité à Cergy que nous avons eu la chance de rencontrer un groupe de filles, plutôt chouettes : Le maximum kouette ! Un seul mot nous vient encore à la bouche : MERCI !

Pouvez-vous nous décrire les débuts du Maximum Kouette ?
Au début, on ne cherchait pas à faire de disques, on voulait de l’aventure: monter dans un camion, voyager, rigoler, faire la teuf... Ce qui nous importait c’était de jouer en live, c’était la scène, l’esprit, et c’était faire les choses par nous-même. On faisait nos tee-shirts nous-même ! Aux "Trans", on s’était fait des faux pass, on s’amusait, on bricolait et on était très contentes.

Est-ce qu’on peut dire que c’était dur au départ ?
Au début on n’avait pas de statut : intermittent ou autre chose, chacun bossait à coté. Moon et Coxs, à l’époque, faisaient des petits boulots à droite et à gauche. Paka bossait pour la télévision. Mais ça ne nous empêchait pas de répéter trois fois par semaine, de partir en concert les vendredis, samedis et dimanches (les tournées V.S.D.). Socialement on ne peut pas dire qu’on était très riches mais ce que la musique nous apportait compensait le reste : c’était un choix de vie. Si t’as envie de faire les choses, je ne crois pas que ce soit le fait d’avoir moins de moyens qui t’en empêche. C’est plus difficile parce que t’es plus limité, mais quand l’envie est là, c’est ça qui compte au départ. Jouer dans les bars à Paris, maintenant ce n’est plus possible, et on le regrette.

Les Kouettes, c’est quoi en dehors des tournées ?
Depuis deux ans, certaines trouvent un équilibre à s’amuser, à faire des choses à coté. Coxs et Moon jouent avec d’autres personnes de temps en temps et Paka fait du tennis ! D’autres tricotent aussi et font du point de croix ! (rires) Non, mais c’est marrant parce que c’est vrai que faire des albums, être musicien à plein temps, ça déstabilise ! Tu bosses pendant 6 ans et tu ne demandes pas à la société de te faire vivre puis à partir du moment où tu ne dépends que de ça. C’est bizarre, c’est du temps qui passe.

Le monde du rock est-il macho ?
Il suffit de poser ses couilles sur la table ! Quand on arrivait dans les bars à l’époque, on entendait toujours des "à poil", on démarrait le set avec "maximum…" et en général ça calmait ! Au début du groupe, des mecs nous voyaient finir les fûts dans les loges, ils nous demandaient si on n’allait pas se changer. Ils pensaient qu’on allait faire le concert en balconnet et mini jupe ! En plus, c’était l’époque des Spice Girls ! Mais le machisme doit être plus fort dans le milieu de la technique où on a moins le droit à l’erreur. Finalement, c’est la même chose pour un groupe de rock féminin médiocre sur scène, elles se font plus vite taquiner. C’est peut-être étrange mais ça nous a donné une sorte d’assurance !

CARTE D’IDENTITE

Nom : Le maximum Kouette

Nouvel album : "One, two, très fort !"

Once upon a time… :
Le Maximum Kouette, ça commence un jour sans expérience. Paka jouait dans un groupe depuis 6 mois, Coxs venait de s’acheter sa basse et Moon faisait du yaourt avec des potes ! C’est une belle leçon de persévérance qui peut donner de l’espérance aux passionnés de musique qui n’ont pas encore franchi le pas !

Signe particulier : Un cocktail dynamique de sensibilité et de "rock’n roll attitud" !

Cergy : "Il y a de l’humanité dans le béton".

La Solidarité : "Le vrai combat, c’est tous les jours, c’est au quotidien".

Les kouettes, c’est aussi ça :
Opération zébrock au bahut ! C’est une opération organisée tous les ans dans des établissements du 93. Un groupe est en résidence et joue ses répétitions devant des classes de la sixième à la terminale. "On leur explique le fonctionnement des instruments, de la scène, de la technique du son … Et il y a un vrai dialogue avec les élèves."
Mais c’est aussi un engagement dans le mouvement "Ni putes, Ni soumises".


Quel est votre meilleur souvenir ?
Maintenant il y a des mauvais souvenirs qui deviennent de supers souvenirs ….
On arrive un jour dans un petit bar du sud où on est accueillies par un genre de gros biker, avec une barbe gigantesque, le bide qui touche le comptoir … On avait fait 700 km dans un J9 en s’arrêtant toutes les 50 bornes pour mettre de l’eau dedans ! On ne pensait qu’à une chose : se poser. Le mec s’approche et nous dit : "salut les puces, pour tout le monde c’est pu-puce sauf ma femme !", on essaie de ne pas le prendre trop mal. Comme on est dans le sud, on lui demande de nous servir un pastis, il nous explique que c’est de la bière et qu’il y a un système de 2 tickets par personne. Enfin bref, on s’installe, on fait la balance donc on est à même le sol : pas de scène ! Ensuite, le mec nous dit qu’il nous a réservé une pizzeria. Bon, alors nous tu vois les pizzas et les sandwichs on en avait plein le cul mais on se dit qu’une bonne pizza ça peut le faire ! On ne va pas faire les pimbêches ! La balance finie, on va voir le mec, et on lui demande où se trouve la pizzeria et il nous répond : "bah tu vois, y’a une place là, tu verras il y a une p’tite camionnette, et tu demandes au mec des pizzas végétariennes et non végétariennes". Alors, on fait comme si on n’avait pas très bien compris : "c’est à coté de la camionnette ?" et il nous dit clairement d’aller voir le gars dans la camionnette !
On arrive sur la place, on va voir le gars de la camionnette qui nous prépare nos pizzas. Il nous explique qu’il a bien enlevé la viande pour les végétariennes donc il ne reste plus que la pâte et le gruyère ! Voilà, et on était tous à genoux sur les bancs dans le parc avec notre pizza sur les jambes et c’est à ce moment là qu’on s’est dit qu’on avait vraiment la rage pour jouer ! Il faut vraiment être rock’n roll ! Et ce n’est pas fini !
On arrive pour le concert, on joue à fond, en plus il y avait du monde ! Devant, il y avait 3 mecs surexcités, avec des bouteilles à la main, en train de poggoter partout. Ils étaient même violents ! Toutes les filles étaient en train de reculer, et moi j’étais avec mon pied de micro en train de chanter et je me disais : "putain, si seulement je pouvais jouer de la guitare…". Et à un moment un des trois mecs prend une chaise, la soulève, la fait tourner et hurle : "alllléééééé ooooh" ! J’ai eu très peur que quelqu’un se prenne un coin de chaise dans la tête ! Il était immense, il faisait 1m95, torse nu, avec les tatous, bien costaud. Je ne suis pas violente du tout d’habitude mais là, j’ai eu une montée d’adrénaline. Je pose mon micro, je choppe le mec par le cou et je le colle contre le bar. J’arrive même à le soulever, j’ai eu une sorte de force, je ne sais pas comment j’ai fait ! Et je lui dis : "toi maintenant tu te calmes" ! Après, pendant tout le reste du concert je tremblais ! On a fini le concert, on est allées dans les loges et d’un coup on entend : "ouais, ouais tous dans les loges y a de la meuf !". Nous, on bloquait la porte des loges, les mecs voulaient défoncer la porte des loges ! (Cette anecdote a été entrecoupée de fous rires interminables ! Merci les Kouettes !)

Que pensez-vous des musiques alternatives aujourd’hui ?
Les musiques alternatives c’est quand t’as envie de faire quelque chose sans avoir envie d’attendre un gros contrat avec une maison de disque. Par exemple les Wampas, quand ils sont "révélation scène" au bout de 20 ans, tu te pisses de rire ! Les mecs ça fait 20 ans qu’ils existent, ils n’ont pas besoin de la télé ou de quoi que ce soit… C’est toujours blindé à leur concert ! Et ce qui est marrant c’est quand les gens qui ne sont pas trop dans le monde de la musique ne connaissent pas ton nom parce que tu ne passes ni à la télé, ni à la radio. En fait, pour eux tu n’existes pas. Ils ne savent pas qu’il y a une scène qui tourne et qui vit tout simplement de la musique. La société fait que si t’es pas un peu curieux, rien n’est fait pour que tu puisses t’ouvrir. Tout est trop cloisonné !

Si Drucker vous invite demain, que faîtes-vous ?
Je pense que si la question devait se poser un jour chez nous, par exemple, on ne sait jamais, on vend 200 000 albums ou 300 000, et que Drucker nous branche, je pense qu’on va se poser la question : est-ce qu’on y va ou est ce qu’on n’y va pas ? On ne va pas dire qu’on ne va pas, mais si on y va c’est pas anodin, c'est-à-dire qu’il faut que ce soit du direct par exemple, il faut qu’on puisse dire quelque chose ! Même si on n’est pas politique, on n’a pas de message spécial, on se contente d’"oser être nous-même" comme disait l’autre.
Quelques news !
On est en train de finir la tournée, c’était sympa ! Il nous reste ce soir et les 2 dates à la boule noire. Après on va faire un truc qu’on a jamais fait : on va s’arrêter de faire des concerts pendant 4 mois ! C’est une aventure qui commence. On s’arrête pour faire le 4e album !
C’est toujours une notion qui se perd un petit peu, tout le monde essaie de ressembler à quelqu’un, et pas de ressembler à lui, si on avait un message ce serait ça : "Ne soyez pas esclave de la publicité". Comme dit Franck des Marcel et son orchestre : "bon et bien moi, on me fait passer chez Foucault, si j’ai l’occasion de dire qu’il n’y a pas besoin de se faire refaire les seins, de se faire faire des abdos en béton, et des conneries pour exister, c’est le principal ! "
On ne va jamais dire non on ne veut pas vendre 200 000 albums, c’est clair, c’est débile ! Mais on restera nous-même et on continuera à exister ! Souvent c’est ça aussi, tu peux cartonner et tout d’un coup, ça va tellement vite que t’es dépassé, c’est arrivé à pas mal d’entre nous. Tu ne maîtrises plus ce que tu fais et nous, on ne veut pas ! On veut toujours continuer à maîtriser ce qu’on fait, avoir notre mot à dire, ne pas être manipulés par qui que ce soit ! Et c’est essentiel aussi de ne pas tomber dans une espèce de consensus : ça marche donc je ne prends pas de risques sous prétexte d’avoir la vie plus facile ! Dans ce cas tu ne te renouvelles plus ! Non, on ne veut pas !

Merci

Site Internet : www.maximumkouette.com

Remerciements : Audrey, au Maximum Kouette et à l’équipe de l’Observatoire.

© Justine et Antoine 15/12/04