LES
KOUETTES : C’EST VRAIMENT CHOUETTE ! !
C’est dans le cadre de la semaine de la solidarité
à Cergy que nous avons eu la chance de rencontrer un
groupe de filles, plutôt chouettes : Le maximum kouette
! Un seul mot nous vient encore à la bouche : MERCI !
Pouvez-vous nous décrire
les débuts du Maximum Kouette ?
Au début, on ne cherchait pas à faire de disques,
on voulait de l’aventure: monter dans un camion, voyager,
rigoler, faire la teuf... Ce qui nous importait c’était
de jouer en live, c’était la scène, l’esprit,
et c’était faire les choses par nous-même.
On faisait nos tee-shirts nous-même ! Aux "Trans",
on s’était fait des faux pass, on s’amusait,
on bricolait et on était très contentes.
Est-ce qu’on peut dire
que c’était dur au départ ?
Au début on n’avait pas de
statut : intermittent ou autre chose, chacun bossait à
coté. Moon et Coxs, à l’époque, faisaient
des petits boulots à droite et à gauche. Paka
bossait pour la télévision. Mais ça ne
nous empêchait pas de répéter trois fois
par semaine, de partir en concert les vendredis, samedis et
dimanches (les tournées V.S.D.). Socialement
on ne peut pas dire qu’on était très riches
mais ce que la musique nous apportait compensait le reste
: c’était un choix de vie. Si t’as envie
de faire les choses, je ne crois pas que ce soit le fait d’avoir
moins de moyens qui t’en empêche. C’est plus
difficile parce que t’es plus limité, mais quand
l’envie est là, c’est ça qui compte
au départ. Jouer dans les bars à Paris, maintenant
ce n’est plus possible, et on le regrette.
Les Kouettes, c’est
quoi en dehors des tournées ?
Depuis deux ans, certaines trouvent un
équilibre à s’amuser, à faire des
choses à coté. Coxs et Moon jouent avec d’autres
personnes de temps en temps et Paka fait du tennis ! D’autres
tricotent aussi et font du point de croix ! (rires) Non, mais
c’est marrant parce que c’est vrai que faire des
albums, être musicien à plein temps, ça
déstabilise ! Tu bosses pendant 6 ans et tu ne demandes
pas à la société de te faire vivre puis
à partir du moment où tu ne dépends que
de ça. C’est bizarre, c’est du temps qui
passe.
Le monde du rock est-il macho
?
Il suffit de poser ses couilles sur la table !
Quand on arrivait dans les bars à l’époque,
on entendait toujours des "à poil", on démarrait
le set avec "maximum…" et en général
ça calmait ! Au début du groupe, des mecs nous
voyaient finir les fûts dans les loges, ils nous demandaient
si on n’allait pas se changer. Ils pensaient qu’on
allait faire le concert en balconnet et mini jupe ! En plus,
c’était l’époque des Spice Girls !
Mais le machisme doit être plus fort dans le milieu de
la technique où on a moins le droit à l’erreur.
Finalement, c’est la même chose pour un groupe de
rock féminin médiocre sur scène, elles
se font plus vite taquiner. C’est peut-être étrange
mais ça nous a donné une sorte d’assurance
! |
CARTE
D’IDENTITE
Nom : Le maximum Kouette
Nouvel album : "One, two, très
fort !"
Once upon a time… :
Le Maximum Kouette, ça commence un jour sans expérience.
Paka jouait dans un groupe depuis 6 mois, Coxs venait de s’acheter
sa basse et Moon faisait du yaourt avec des potes ! C’est
une belle leçon de persévérance qui peut
donner de l’espérance aux passionnés de
musique qui n’ont pas encore franchi le pas !
Signe particulier : Un cocktail dynamique
de sensibilité et de "rock’n roll attitud"
!
Cergy : "Il y a de l’humanité
dans le béton".
La Solidarité : "Le vrai combat,
c’est tous les jours, c’est au quotidien".
Les kouettes, c’est aussi ça
:
Opération zébrock au bahut ! C’est une
opération organisée tous les ans dans des établissements
du 93. Un groupe est en résidence et joue ses répétitions
devant des classes de la sixième à la terminale.
"On leur explique le fonctionnement des instruments,
de la scène, de la technique du son … Et il y
a un vrai dialogue avec les élèves."
Mais c’est aussi un engagement dans le mouvement "Ni
putes, Ni soumises".
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Quel est votre meilleur souvenir ?
Maintenant il y a des mauvais souvenirs qui deviennent de supers souvenirs
….
On arrive un jour dans un petit bar du sud où on est accueillies
par un genre de gros biker, avec une barbe gigantesque, le bide qui
touche le comptoir … On avait fait 700 km dans un J9 en s’arrêtant
toutes les 50 bornes pour mettre de l’eau dedans ! On ne pensait
qu’à une chose : se poser. Le mec s’approche et nous
dit : "salut les puces, pour tout le monde c’est pu-puce
sauf ma femme !", on essaie de ne pas le prendre trop mal. Comme
on est dans le sud, on lui demande de nous servir un pastis, il nous
explique que c’est de la bière et qu’il y a un système
de 2 tickets par personne. Enfin bref, on s’installe, on fait
la balance donc on est à même le sol : pas de scène
! Ensuite, le mec nous dit qu’il nous a réservé
une pizzeria. Bon, alors nous tu vois les pizzas et les sandwichs on
en avait plein le cul mais on se dit qu’une bonne pizza ça
peut le faire ! On ne va pas faire les pimbêches ! La balance
finie, on va voir le mec, et on lui demande où se trouve la pizzeria
et il nous répond : "bah tu vois, y’a une place là,
tu verras il y a une p’tite camionnette, et tu demandes au mec
des pizzas végétariennes et non végétariennes".
Alors, on fait comme si on n’avait pas très bien compris
: "c’est à coté de la camionnette ?" et
il nous dit clairement d’aller voir le gars dans la camionnette
!
On arrive sur la place, on va voir le gars de la camionnette qui nous
prépare nos pizzas. Il nous explique qu’il a bien enlevé
la viande pour les végétariennes donc il ne reste plus
que la pâte et le gruyère ! Voilà, et on était
tous à genoux sur les bancs dans le parc avec notre pizza sur
les jambes et c’est à ce moment là qu’on s’est
dit qu’on avait vraiment la rage pour jouer ! Il faut vraiment
être rock’n roll ! Et ce n’est pas fini !
On arrive pour le concert, on joue à fond, en plus il y avait
du monde ! Devant, il y avait 3 mecs surexcités, avec des bouteilles
à la main, en train de poggoter partout. Ils étaient même
violents ! Toutes les filles étaient en train de reculer, et
moi j’étais avec mon pied de micro en train de chanter
et je me disais : "putain, si seulement je pouvais jouer de la
guitare…". Et à un moment un des trois mecs prend
une chaise, la soulève, la fait tourner et hurle : "alllléééééé
ooooh" ! J’ai eu très peur que quelqu’un se
prenne un coin de chaise dans la tête ! Il était immense,
il faisait 1m95, torse nu, avec les tatous, bien costaud. Je ne suis
pas violente du tout d’habitude mais là, j’ai eu
une montée d’adrénaline. Je pose mon micro, je choppe
le mec par le cou et je le colle contre le bar. J’arrive même
à le soulever, j’ai eu une sorte de force, je ne sais pas
comment j’ai fait ! Et je lui dis : "toi maintenant tu te
calmes" ! Après, pendant tout le reste du concert je tremblais
! On a fini le concert, on est allées dans les loges et d’un
coup on entend : "ouais, ouais tous dans les loges y a de la meuf
!". Nous, on bloquait la porte des loges, les mecs voulaient défoncer
la porte des loges ! (Cette anecdote a été entrecoupée
de fous rires interminables ! Merci les Kouettes !)
Que pensez-vous des musiques alternatives
aujourd’hui ?
Les musiques alternatives c’est quand t’as envie de faire
quelque chose sans avoir envie d’attendre un gros contrat avec
une maison de disque. Par exemple les Wampas, quand ils sont "révélation
scène" au bout de 20 ans, tu te pisses de rire ! Les mecs
ça fait 20 ans qu’ils existent, ils n’ont pas besoin
de la télé ou de quoi que ce soit… C’est toujours
blindé à leur concert ! Et ce qui est marrant c’est
quand les gens qui ne sont pas trop dans le monde de la musique ne connaissent
pas ton nom parce que tu ne passes ni à la télé,
ni à la radio. En fait, pour eux tu n’existes pas. Ils
ne savent pas qu’il y a une scène qui tourne et qui vit
tout simplement de la musique. La société fait
que si t’es pas un peu curieux, rien n’est fait pour que
tu puisses t’ouvrir. Tout est trop cloisonné !
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Si
Drucker vous invite demain, que faîtes-vous ?
Je pense que si la question devait se poser un jour chez nous,
par exemple, on ne sait jamais, on vend 200 000 albums ou 300
000, et que Drucker nous branche, je pense qu’on va se
poser la question : est-ce qu’on y va ou est ce qu’on
n’y va pas ? On ne va pas dire qu’on ne va pas,
mais si on y va c’est pas anodin, c'est-à-dire
qu’il faut que ce soit du direct par exemple, il faut
qu’on puisse dire quelque chose ! Même si on n’est
pas politique, on n’a pas de message spécial, on
se contente d’"oser être nous-même"
comme disait l’autre. |
Quelques
news !
On est en train de finir la tournée, c’était
sympa ! Il nous reste ce soir et les 2 dates à la boule
noire. Après on va faire un truc qu’on a jamais
fait : on va s’arrêter de faire des concerts pendant
4 mois ! C’est une aventure qui commence. On s’arrête
pour faire le 4e album !
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C’est toujours une notion qui se perd
un petit peu, tout le monde essaie de ressembler à quelqu’un,
et pas de ressembler à lui, si on avait un message ce serait
ça : "Ne soyez pas esclave de la publicité".
Comme dit Franck des Marcel et son orchestre : "bon et bien moi,
on me fait passer chez Foucault, si j’ai l’occasion de dire
qu’il n’y a pas besoin de se faire refaire les seins, de
se faire faire des abdos en béton, et des conneries pour exister,
c’est le principal ! "
On ne va jamais dire non on ne veut pas vendre 200 000 albums, c’est
clair, c’est débile ! Mais on restera nous-même et
on continuera à exister ! Souvent c’est ça aussi,
tu peux cartonner et tout d’un coup, ça va tellement vite
que t’es dépassé, c’est arrivé à
pas mal d’entre nous. Tu ne maîtrises plus ce que tu fais
et nous, on ne veut pas ! On veut toujours continuer à maîtriser
ce qu’on fait, avoir notre mot à dire, ne pas être
manipulés par qui que ce soit ! Et c’est essentiel aussi
de ne pas tomber dans une espèce de consensus : ça marche
donc je ne prends pas de risques sous prétexte d’avoir
la vie plus facile ! Dans ce cas tu ne te renouvelles plus ! Non, on
ne veut pas !
Merci
Site Internet : www.maximumkouette.com
Remerciements : Audrey, au Maximum Kouette et à l’équipe
de l’Observatoire.
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