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Big Mama (27 novembre 2004 - Vauréal)
VAUREAL : LE CHOC CAMELEONS / BIG MAMA
Big Mama et son Big Mama style :
Big Mama est un groupe parisien qui sillonne la France depuis 96. Ils ont fait leur preuve sous la houlette de groupe comme Marcel& son orchestre. Ils ont à leur actif deux albums d’une grande variété avec Awaneutchize en 2000 et Opération Dancefloor en 2003.
Nous avons interviewé le chanteur du groupe Stéphane, qui s’occupe aussi de Small axe (label de référence de la musique alternative) et de big Mama reccords. Ce qui lui donne, même s’il s’y refuse, une place de porte parole pour la musique alternative.

Interview d’un homme emprunt de valeurs :
La musique alternative "Oui, mais c’est peut être un fond de commerce pour certains, moi c’est ma réalité" Stephane

Un petit mot sur le distributeur Tripsichord, et le label Small axe qui ont fait faillite ?

On doit repartir de zéro, re-signer les contrats, alors qu’on avait trouvé le nom, fait signer les groupes, c’est une période un peu transitoire car Small axe a fait faillite. C’est compliqué mais je suis optimiste.

Small axe était un peu l’emblème du mouvement alternatif ?

Oui c’est vrai, cette disparition est assez grave. On parle de la crise du disque, des gens qui piratent, gravent, téléchargent en pensant niquer les majors mais en fait pas seulement. Ça me fait mal de voir que des groupes vont devoir arrêter mais c’est une réalité. Car beaucoup de groupes ont une économie précaire. Si au lieu de vendre 10 000 disques, tu en vends 5 000 à cause du piratage c’est plus du tout à fait la même chose !
Mais bon je suis confiant de la structure que l’on va monter
.

Tu ne veux pas grossir Big mama reccords ?
(Ce label monté par Stéphane a distribué en particulier Les 3 French Ska Reggae Party et Mano Negra illegal).
C’est une idée, mais je ne veux pas tout mélanger, car en plus, c’est le même nom que le groupe. Big mama reccord c’est beaucoup plus associatif, c’est une autre optique.

Tu as une position un peu de porte-parole, de référent par tes occupations, groupe + labels dans le milieu ska et du reggae. Est-ce que beaucoup de gens te contactent ?
Small axe s’occupe surtout des groupes de scène, pas seulement des groupes ska reggae, par exemple, on travaille avec Tagada Jones qui fait du métal hardcore, la Phase qui est plus électro, Grave de grave davantage chanson. Je vais utiliser un mot un peu galvaudé mais on s’attache à maintenir le mouvement alternatif dans le vrai sens du terme. Car c’est une proposition d’alternative à la musique de consommation calibrée, standardisée fait par les multinationales.

C’est ton créneau ?
Oui, mais c’est peut-être un fond de commerce pour certains, moi c’est ma réalité.
Ce n’est pas juste pour casser du sucre sur les majors, je ne veux pas dresser un tableau manichéen avec les gentils indépendants et les méchantes majors. C’est plus compliqué, mais les indépendants sont souvent des gens passionnés, très impliqués qui essaient de sortir des disques qui leur plaisent où la rentabilité n’a que l’intérêt de pouvoir nous faire continuer. Et puis à côté, ce sont des commerçants qui décident de se mettre sur un créneau pour faire du fric.

Mais la réalité économique est toujours là tout de même ?
Bien sûr, même un label associatif a une réalité économique, c’est valable pour tout le monde. A partir du moment où tu vends des disques, tu fais une activité commerciale. Mais de là à ce que le profit devienne l’unique aboutissement, il y a un monde. Je sais qu’en montant notre label cela a permis à des groupes de se développer et de démarrer. C’est une grosse satisfaction. C’est une des différences avec le mouvement alternatif de la fin des années 80 qui tentaient vraiment d’en faire abstraction.

Les tournées à l’étranger ?
Ce sont des tourneurs qui nous organisent des dates, en l’occurrence dernièrement c’est le manager de Babylon circus qui nous a branchés. A chaque fois, c’est une aventure ! C’est super intéressant. On en revient mais tu vois, dans des pays où le niveau de vie est bas comme en Slovaquie et dans l’est en général, ça paie tout juste le camion.

Et le public répond présent la-bas ?
Ouais c’est marrant, parce qu’ils ne captent pas les paroles, le fait de parler au gens en anglais alors que je ne suis pas bon, j’ai l’impression de faire les Blues Brothers. C’est pas facile mais ça donne un côté marrant pour les gens. On a fait l’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Tchéquie, la Slovaquie…on essaie de bouger.

Il y a deux nouveaux musiciens dans le groupe, que vous apportent-ils ?
Euh…(rires) Dans un groupe, chacun évolue et certains différemment que d’autres. C’est tout à fait normal. Et puis, faut vraiment avoir envie de tourner, de se coucher tard, de jouer toujours les mêmes morceaux…je casse le mythe !
Donc certains lâchent l’aventure. Pour les deux nouveaux ils sont très rigoureux, carrés et efficaces. Ils nous aident dans les compos et apportent leur professionnalisme.

Vos formations musicales dans le groupe ?
On a tous plus ou moins fait des écoles, moi par exemple j’ai fais une école de jazz dans le 18e, c’est là qu’on s’est connus.

Ta vision sur les musiques alternatives, toi qui a une place privilégiée ?
Je vais essayer d’être objectif car je suis même peut-être un peu trop impliqué. Je vois pleins de jeunes groupes qui reprennent des autres groupes avec les mêmes attitudes, mêmes plans, de la Ruda, de Mass Hystéria, Tryo…. En même temps c’est vachement bien que les jeunes copient des groupes français alors qu’avant on copiait des groupes étrangers les Clash, Rolling Stones... Ce qui est bien c’est qu’ils ont la possibilité de jouer, de trouver des endroits pour jouer. Cela paraît plus facile de faire des dates qu’auparavant, cela veut dire que notre musique est de plus en plus reconnue. Ce qui me fait rire c’est les jeunes qui me demandent si je suis intermittent. J’ai envie de leur dire ne fais pas du rock pour être intermittent mais fait du balloche. Je ne veux pas rentrer dans le délire de Didier Wampas mais il a raison ce sont des métiers précaires où tu ne peux pas prévoir vraiment. Tu ne peux pas gérer une carrière dans le rock comme une carrière dans la coiffure.

Vos projets pour Big Mama ?
On va enregistrer l’année prochaine un autre album, avec je pense une orientation plus rock.

Un petit mot sur l’alternatif ?
L’alternatif a un déficit d’image, on commence tout juste à être reconnus sur scène pour les professionnels "mais surtout n’achetez pas les disques ou juste comme souvenirs". On passe, par exemple, jamais à la radio et très rarement sur les événements institutionnels. Rien ne m’emmerde plus que les puristes de la musique. Moi j’aime les trucs différents pas pur reggae, ni pur ska….
Par exemple, les magazines rock français parlent plus des groupes anglais et américains qui vendent 3 000 CD en France que des groupes de rock français comme Marcel… qui vendent 30 000 albums. Pour dire, il a fallu attendre que la Ruda signe chez Yelen pour qu’ils aient des articles significatifs dans la presse.
Ce qui est populaire est dénigré. Il y a vraiment un décalage sur la diffusion que l’on a sur les médias et en toute modestie notre popularité réelle. Nos concerts fédèrent beaucoup de monde.


Site Internet : www.bigmamarecords.net

Remerciements : Audrey, l’équipe de Vauréal et les Caméléons.

© Justine,Thomas, Antoine 27/11/04