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Interviews
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Anis (16 déc. 2005 - L'Observatoire, Cergy) |
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!!! Je suis là assis dans le hall de l’observatoire en
train de rassembler mes souvenirs. J’essaye de me rappeler les
réponses qu’Anis m’avait données. J’avais
pourtant tout prévu, j’avais en main un lecteur mini disque.
J’avais, me semble t’il, pourtant fait toutes les bonnes
manipulations. Mais rien, il n’y avait pas d’enregistrement
! C’est regrettable... Pourquoi rencontrer un artiste que je connais à peine ? Comme beaucoup d’entre nous, c’est en entendant « Cergy » à la radio que j’ai découvert Anis. J’ai été frappé par l’orchestration qu’il y avait dans cette chanson. Ce côté musique noire américaine des années 30 me ravi. Dés le lendemain, je me suis procuré "Les yeux fermés" ses deux album Gadjo décalé et La Chance. Après écoute, j’avais qu’une seule envie rencontrer cet artiste... Vendredi 16 décembre 2005, j’avais rendez-vous à 19 h dans la salle de concert de l’Observatoire à Cergy-Saint-Christophe. Sa manager est venu me chercher à l’accueil. "Bonjour, je suis Myriam". L’interview va se dérouler dans la loge. "Anis, c’est Sylvain, pour l’interview". Avec nous dans la loge, il y avait aussi le batteur Kersley Sham qui accompagne Anis durant cette tournée. Je me suis présenté en quelques mots et leur ai expliqué pourquoi je faisais cette interview. - Je voudrai savoir comment tout a commencé. - A 22 ans, j’ai décidé de ne faire que de la musique et pour gagner de l’argent j’ai joué dans le métro. Au départ, je jouais des reprises, comme du Bob Marley par exemple. Très vite, j’ai remarqué que les gens étaient plus sensibles à des textes en français. J’ai donc commencé à jouer mes chansons. Pendant deux ans, Anis interprète ses compositions. Il y avait là de quoi faire un album. Un jour dans le métro, alors que je jouais dans un wagon, un inconnu me tend une carte avec un numéro de téléphone. C’était le contact un directeur artistique de la Warner. Anis en parle à sa manager et ensemble ils le contactent. La Warner ne pouvait pas me produire mais ils m’ont offert l’accès à un studio d’enregistrement. Anis invite des amis musiciens pour préparer son premier album de 7 titres autoproduit Gadjo Décalé. Sorti le 25 septembre 2003. J’ai profité de grands musiciens : Claude Dibongué à la guitare, Dominique Westrich à la basse et contrebasse, Aymeric Westrich (c’est le père de Dominique) à la batterie. Gadjo Décalé est présent dans les bacs des musiciens autoproduits de la FNAC. Voilà, le ton est donné. La carrière professionnelle d’Anis commence. Cette première expérience va lui permettre d’enregistrer dans de bonnes conditions son premier album La chance sorti le 10 octobre 2005 et produit par Virgin. - Tu es de Cergy ? - J’ai grandi à la campagne, dans le Vexin. Je suis arrivé à l’âge de 8-9 ans à Cergy. Je suis de la middle classe. Mes parents aimaient voyager et ils m’emmenaient toujours. J’ai vu d’autres paysages d’autres cultures. - Peux-tu me parler de l’esthétique musicale de tes chansons ? - Musicalement, je m’intéresse à la musique afro-américaine, New Orléans, Blues, Jazz... Puis, il y a deux chanteurs belges que j’affectionne particulièrement : Jacques Brel et Arno. Anis est de nature curieuse, il ne ratte jamais une occasion pour faire des découvertes. A chaque concert que je fais à l’étranger, j’en profite pour écouter la musique du pays. - Quelle est l’histoire de -Cergy- ? - Au départ c’était une balade composée à la guitare pour raconter comment j’ai évolué dans cette ville. Mais lors d’une pose, durant les séances d’enregistrement de La Chance, j’ai trouvé trois accords au piano sur lesquels j’ai fredonné la chanson. Après tout s’est enchaîné. La musique est devenue évidente : piano bastringue, soubasophone, et ce rythme swinguant à la batterie. - Cergy, est une chanson fortement influencée du Charleston, c’est paradoxal pour parler d’une ville nouvelle qui a vu le jour en 1970 ? - Cergy est une ville constituée de plusieurs ethnies (110 nationalités) avec des traditions très anciennes. C’est ça la magie ! - Peux-tu me parler de cette magie ? - A Cergy, il y avait plein de style de gens : des punks, des corbaques, des bat caves, des rock à Billy… je trouvais ça très chouette. - Qui a choisit de diffuser -Cergy- à la radio ? - La chance fût la sélection du mois de novembre sur Fip. Cet album est diffusé en partenariat sur France-Inter. C’est le programmateur de France-Inter, je ne sais pas pourquoi, qui a choisi cette chanson là en premier. On pourra entendre progressivement toutes les chansons. - Un deuxième album en préparation ? - Oui. - Est-ce que l’on aura la surprise d’entendre des instruments insolites comme dans ton deuxième album ? - Hum… je n’en dirai pas plus, c’est une surprise. Anis en concert à l’Observatoire, c’est un quatuor avec Anis au chant, guitare et harmonica, Olivier Riquet au clavier, JD Jouanic contre basse et Kersley Sham à la batterie. Toute la dynamique de Gadjo décalé et de La Chance est reproduite au travers de ces quatre musiciens. Le tout multiplié par la magie du live et de la présence dans la salle de tous les amis d’Anis. En un mot : fantastique ! C’est lors du concert que j’ai réalisé qu’Anis n’est pas seulement de la bonne musique mais aussi une voix, et quelle voix… Le public de l’Observatoire était admirable, c’était comme une grande fête chez des copains. Je n’ai jamais rencontré une telle communion en concert. Et lorsqu’ils ont joué Cergy, ce fut immense, plein d’émotion. Nous étions tous là, attentifs, à l’écouter nous raconter son histoire dont les lieux nous sont plus ou moins familiers. Anis semblait heureux. Il introduisait toutes ses chansons par une anecdote. Un témoignage à l’observatoire : Mathieu, de Cergy. - J’étais chez ma copine à Paris, la chanson sur Cergy passait sur Fip. J’ai retrouvé des lieux communs de Cergy, des sensations communes, la nostalgie quoi… Je suis sur Cergy depuis plus de six ans, j’viens de Vierzon. Je suis arrivé pour la terminale. C’est la période où t’as une certaine perception de la ville et de la vie : joie et peine, et la chanson de Cergy fait ressortir tout ça. C’est "big up", ça t’élève ! >> www.anis-tchadhouse.com |
| © Sylvain Roy |