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Chroniques
| Année 2002 | Année
2001
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| Fugazi | Herman Düne | Renaud Pavillon
Paravel | Meï Teï Shô | Mano Negra Illegal | Sense Field | Les Oiseaux de
Passage Dominique A | A Emo Glam Connection | Snuff |
| Fugazi, "The argument" (Dischord/Chronowax) - www.dischord.com |
Quelques
longs mois après la sortie de "Instrument soundtrack", servant uniquement
à illustrer son propre film, Fugazi sort de sa réserve et nous livre son
nouvel opus, "The argument". On se laisse vite saisir par l'alternance
des ambiances, tantôt issues d'un hardcore tendu ("Cashout", "Nightshop"),
chaloupé et saccadé reconnaissable entre mille, tantôt à la limite du
"post-rock" ("The kill"). Fugazi nous livre un album 100% estampillé de
sa marque, efficace, donc, mais sans grandes surprises. Ce qu'on apprécie
une fois de plus chez ce groupe, c'est surtout la grande liberté et la
sincérité avec laquelle il conçoit, retranscrit et vie sa musique. C'est
ça, la grande force de Fugazi : se jouer des modes, pour composer une
musique unique en son genre et sans compromis. Chapeau ! |
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Romain
17/12/01
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| Herman Düne, "Switzerland Heritage" (Prohibited Records/Wagram) - www.prohibitedrecords.com |
Ca
y est, nos franco-suédois préférés sont de retour. On s'était tellement
habitué aux ritournelles pop-folk de leur premier album (qui frise, osons
le dire, la perfection !), qu'on avait presque peur d'aborder le second
de peur d'être déçu. Et puis, c'est à chaque fois la même chose avec Herman
Düne. On écoute, attentivement, on se laisse imprégner, et on finit par
adhérer totalement, jusqu'à se mettre le disque en boucle du matin au
soir. "Switzerland Heritage" reste dans la lignée du "Turn off the light",
avec ses jolies guitares minimalistes qui virevoltent et se donnent la
réplique sur des airs, tristes ou gais, emprunts de pop, de folk, de country
et de blues. Cerise sur ce gâteau déjà bien appétissant : les voix mélancoliques,
naïves, perçantes et touchantes des frères David et André (les griots
de temps modernes), qui donnent aux compositions toute la dimension qu'elles
méritent. Si l'on ajoute à cela les instruments additionnels (trompette,
clavier, violon), utilisés avec parcimonie et justesse, on est en droit
de penser qu'Herman Düne nous réserve encore de nombreux hivers sympas
au coin du feu, avec leur disque qui monopolise la platine. |
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Romain
17/12/01
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| Renaud Pavillon Paravel, La surface de réparation Impala - Auto-production - www.impala.fr |
Renaud
Pavillon Paravel nous entraine dans les méandres de sa vie comme le précise
le sous-titre de l'album : "original motion picture soundtrack
of my bizarre life". Les ambiances sont nombreuses et la production
excellente. Sur des ryhtmiques électros assez lente il rajoute des violons,
des pianos, des violoncelles ou des guitares. Sur ces titres pop, reggae,
chanson française, rock... RPP sussure ses textes ciselés, parfois obscènes,
mais toujours poétiques. On ne peut s'empêcher de le comparer à Gainsbourg,
l'accent du sud en plus, car il parle plus qu'il ne chante. Les mélodies
sont super accrocheuses et il signe avec J'aime Tonku (en rotation sur
radio Nova) le tube reggae imparable, qui devrait réchauffer l'hiver...
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Seb
10/12/01
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| Meï Teï Shô, "Xam sa bop" - Small Axe Tripsichord |
Pour
ce premier album, les lyonnais de Meï Teï Shô brouillent les pistes et
mélangent les influences : afro-jazz, funk, afro-beat, dub, jungle. Un
métissage à l'image du groupe et du chant en wolof, anglais et portugais.
Cet album respire l'urgence avec le très énergique Joe Kool (get ready) qui peut rappeler Asian Dub Foundation. Mais la comparaison s'arrête là. Le groupe a su intégrer et digérer ses influences pour créer son univers. Sur des titres plus lents, les musiciens prennent le temps d'installer des ambiances, toujours prêtes à exploser sous les envolés jazzy du saxo et les accélérations de la section rythmique. Meï Teï Shô confirme l'émergence de la scène lyonnaise (High Tone, Kaly Live Dub et même Miss France!!!!) et signe un des meilleurs albums français de l'année. (si, si!!). |
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Seb
10/12/01
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| Mano Negra Illegal, Tripsichord |
![]() Petite déception pour cette album de reprises de la Mano Negra. Avec un petit peu de lucidité, on aurait pu se douter que le résultat manquerait d'originalité, mais on espérait quand même. On n'aurait pas dû… Le disque est médiocre, digne d'une compilation Tripsichord. Le label produit des artistes de qualité, mais en matière de compilations, cela manque souvent d'originalité : on retrouve toujours les mêmes groupes (ou presque) avec le même genre de morceaux. Ici, c'est pareil : la plupart des morceaux sont repris dans un style plutôt ska ou reggae. On s'attendrait plutôt ici (car il est bon de rappeler que c'est le but d'une compilation…) à ce que les styles soient mélangés et variés. Voilà pourquoi, dans la masse de "banalités", les reprises originales se remarquent. On peut donc particulièrement apprécier les versions de Yuri Buenaventura, Freedom for King Kong et des Fils de Teuhpu. A noter aussi quelques reprises plutôt fidèles comme celles des Ogres de Barback et de Grave de Grave. Dernière petite critique : on connaissait et savourait la reprise des Hurlements d'Léo de "Love and Hate" en live, ici on est plutôt déçu de la différence de son et de l'enregistrement plutôt mauvais du morceau. On peut déplorer que le groupe n'aie pas privilégié de mettre la version live. |
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Dorothée 21/11/2001
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| Sense Field, "Tonight & Forever" (EMI) - www.sensefield.com |
Sense
Field est de cette catégorie de groupes (comme Texas is the Reason et
Shades Apart) qui ont initié ce qu'il est aujourd'hui coutume d'appeler
"emo-core". Et à l'instar de leurs copains Jimmy Eat World, en pleine
ascension, Sense Field devrait également trouver avec cet album une plus
large reconnaissance, le disque faisant l'objet d'une distribution par
EMI.Pour qualifier "Tonight & Forever", disons simplement que les amateurs de mélodies bien ficelées, rageuses, guitares saturées à l'appui, avec voix légère et planante en supplément, y trouveront leur compte. Entre emo-core, post-hardcore et power-pop, choisissez le terme qui vous convient le mieux. Cependant, certains titres n'évitent malheureusement pas le cliché "larmoyant" et "émouvant" à outrance (un cliché qui aurait pu être évité), qui décrédibilise légèrement l'ensemble. Mais Sense Field reste une valeur sûre, pas tout à fait dénuée de talent. |
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Romain
19/11/01
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| Les Oiseaux de Passage, Mercury 2001 |
![]() En 1998, Au Suivant, l'album de reprises de Brel, sortait à l'occasion des 20 ans de sa mort. Aujourd'hui rebelotte avec les 20 ans de la mort de Brassens. Les compilations commémoratives ont toujours un côté (tout petit côté…) commerciale, mais on finit toujours par s'y laisser prendre. Rares sont les compilations dans lesquelles rien n'est à redire (exceptés celles de Joe Dassin…). Les Oiseaux de Passage ne déroge donc pas à la règle. Certains titres ont remarquablement leur place sur l'album. On se demande par contre ce que d'autres viennent faire ici. Dans Les Oiseaux de Passage, on trouve trois genres de reprises. D'abord on a les versions fidèles comme celles de Benabar, Miossec, Subway, Magyd Cherfi, des Têtes Raides et de Cornu. Ensuite on trouve des reprises qui n'ont rien à voir avec l'original mais dont la musique et la voix collent parfaitement avec la chanson. On peut ici parler de Yann Tiersen et Natacha Régnier, Noir Désir, Tarmac, Keren-Ann et Tanger, Juliette, Arthur H et Weepers Circus. Et il y a enfin les versions qui n'ont rien à voir et qui n'apportent absolument rien à la version d'origine : Lofofora et Saez. A la première écoute, l'album peut choquer les inconditionnels de Brassens. Mais certains morceaux sont plus qu'acceptables, en l'occurrence ceux de Yann Tiersen et Natacha Régnier, de Miossec, des Têtes Raides et de Weepers Circus. |
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Dorothée 14/11/2001
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| Dominique A, "Auguri", Labels - www.labels.tm.fr |
Pour
ceux qui ne connaîtraient Dominique A qu'à travers ses multiples apparitions
sur les albums de Yann Tiersen (comme un certain chroniqueur de Totoutard
!), sachez que le bonhomme en est à son cinquième album. Et ceux qui ont
été touché par la voix si facile, limpide et touchante de Monochrome,
seront, à l'évidence, conquis par Auguri, manifeste de la nouvelle chanson
française. Toute proportion gardée, Dominique A, à l'instar de son ami
Miossec (chroniqué plus haut), possède un style épuré mais saisissable
au premières notes, et qui interpelle l'oreille autant que le cœur. Un
style qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Dominique A se complait à
jouer avec notre sensibilité en évoquant, toujours avec mélancolie, notamment,
des histoires d'amours déchirés. Pas très gai (sans être morbide non plus),
l'album recèle en plus son lot de tubes en puissance (Pour la peau, à
passer en boucle). Bref, si Totoutard possèdait, à l'instar de Télérama,
des petits icônes en "T" servant à mettre une note (dans le cas où personne
n'aurait compris qu'ici, on a beaucoup aimé), on lui mettrait aisément
5 "T". C'est dire ! |
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Romain
12/11/01
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| A Emo Glam Connection, Buzz Off/Vampire Records - www.deadpopclub.com |
Sorti
il y a quelques mois, à l'initiative de 2 labels indépendants hyperactifs,
la mini compilation (7 titres) Emo Glam Connection permet de (re)découvrir
7 groupes français et étrangers évoluant à la limite du punk, de la power-pop
et de l'émocore, avec, pour l'occasion, un inédit pour chacun. Les Homeboys
ouvrent le bal avec un titre punk-mélodique surpuissant à la rythmique
effrénée, au chant et aux mélodies soignées. Ils confirment ici que leur
nomination au FAIR 2001 n'est vraiment pas usurpée. Second Rate
livre ensuite "Believe me" emo-pop de bonne facture mais qui ne décolle
jamais réellement, et qui reste bien en-deça du niveau de leur dernier
opus. Dommage. Dead Pop Club suivent, quant à eux, avec un "New
year revolution" bien carton, comme il faut, mélodique à souhait, sur
lequel se place un chant résolument efficace et prenant. Plus lent, Uneven
et son "Drive" nous feraient presque revenir quelques années en arrière,
quand Nirvana caracolait en tête des charts avec ses mélodies "grunge"
faciles mais tellement efficaces. Une confirmation pour nos valdoisiens
après le premier 5 titres très réussi Fly so high. C'est au tour
de Flying Donuts d'enchaîner avec "Try again" qui constitue le
seul point d'ombre de la compilation. Si le groupe nous montre qu'il sait
jouer des instruments, le chanteur, en revanche, chante souvent faux et
n'arrive pas à pousser sa voix comme il le faudrait. C'est Favez
(Suisse), ensuite, qui s'y colle. Leur pop énervée, rageuse, syncopée,
aux mélodies fines, ne peut en aucune manière laisser indifférent. Digne
successeur de Placebo ou autres Muse, il ne manque plus qu'à Favez un
coup de chance pour devenir une future révélation. Leur titre est certainement
le meilleur des sept... Waterdown (Allemagne) enchaîne finalement
avec "Gentlemen, place your bets", grandement efficace. Au final, certaines
mélodies vous trottent dans la tête pendant un bon moment…C'est bien souvent
signe de réussite. |
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Romain
12/11/01
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| Snuff : Blue Gravy - Phase 9, Ten Past Twelve Records/Import - www.snuff.net |
| Avis aux amateurs, ceci n'est pas le nouvel album de Snuff ! C'est un maxi 9 titres, composé d'inédits du meilleur acabit. Du live, de l'inédit, Snuff débarque avec cette galette tel un VRP qui souhaiterait vanter les mérites de son produit : "Madame, monsieur, sur scène comme en studio, Snuff, c'est magique ! Du punk, puissant, braillard et mélodique, alternant avec des pasasges soul très cuivrés et ultra bien exécutés, Snuff vous surpendra à bien des égards !". Et nos britanniques font bien leur travail, leur sauce prend, le disque n'est pas un attrape-nigaud. Amateurs, néophytes, jetez-vous dessus à la première occasion, Snuff est sans doute l'un des meilleurs groupes punk-rock qui existe ! |
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Romain
05/11/01
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| Miossec : Brûle, Pias - www.christophemiossec.com |
| Brûle est le nouvel album très attendu du très controversé Miossec. Toujours en marge des modes et de la machine à fric et à show-biz (bien qu'aucun de ses albums ne se soit vendu en dessous de 100 000 exemplaires), Miossec nous délivre ses petits moments de rage, de haine et d'amour. Et visiblement sorti indemne de "l'épisode Johnny" (pour qui il avait composé quelques titres), Miossec affine toujours un peu plus ses mélodies pour donner à sa chanson-rock un visage définitivement personnel. Les compositions, mélodiques, mélancoliques, nostalgiques, soutenues par une voix rauque et désabusée, procurent de vrais frissons. Comme si Miossec allait pêcher tout au fond de nous des sentiments bien enfouis. Cependant, si les paroles tiennent la route sur l'ensemble de l'album, certaines n'évite pas le cliché gros comme une maison. Exemple : Pourquoi ? Parce que ! Mais Brûle reste au final un album efficace et réussi, qu'on ne manquera pas d'écouter sur scène à partir de mars. |
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Romain
05/11/01
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