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Les Ogres de Barback - "Avril et vous", (Irfan - enregistrement live à l'EMB de Sannois) - www.lesogres.com
Un nouvel album enregistré en public qui sort quelques mois après un disque déjà capté en live : la démarche pourrait a priori paraître étonnante. A priori, oui.
Mais l’on parle ici des Ogres de Barback. Et, dès lors, la notion de surprise perd de sa pertinence.

Tout d'abord parce que ces gens-là n’ont jamais fait comme tout le monde. Non par volonté de se démarquer à tout prix, simplement parce qu’ils font les choses comme ils en ont envie, peu importe si cela doit les amener à s’éloigner des schémas traditionnels. L’un de ces schémas impose qu’on sorte un album – de préférence à une période identifiée comme idéale pour envoyer un produit dans les bacs – qu’on en fasse la promotion et qu’on le défende en tournée avant de se pencher sur le suivant. Pour mieux en optimiser le potentiel commercial, comme le veulent les règles de l’industrie du disque. Mais les Ogres n’ont rien d’industriels. Ce sont des artisans, au sens le plus noble du terme. Ceci explique qu’ils se soient donnés les moyens, il y a quelques années, de ne plus dépendre des désirs et des analyses des autres quant à leur destin discographique. Non par rejet viscéral d’un système, juste par une vitale nécessité de liberté et d’indépendance. Qui leur permet donc aujourd’hui de sortir un album live quelques mois après le précédent. Juste parce qu’ils en ont envie.

Soit. Mais d'où vient ce désir ?
En premier lieu, il convient de souligner ici le fait qu'il s'agit de deux albums complètement différents dans leurs philosophies. Concert, au-delà de retracer l'aventure avec La Fanfare du Belgistan, reflétait l’image d’un groupe capable de dynamiter n'importe quelle assistance avec un répertoire gonflé d'énergie, hautement festif musicalement et foncièrement rock dans l’interprétation. Il correspond parfaitement en ce sens à ce que les Ogres ont présenté sur scène ces trois dernières années. Mais le quartet, tout son parcours en atteste, aime à varier régulièrement les ambiances de ces spectacles, à l’image de sa musique que l’on ne saurait enfermer dans un casier étiqueté. Ainsi, à l’heure actuelle, la fratrie Burguière triomphe [et le terme ne saurait ici s’entendre dans une acception galvaudée] en tournée avec un nouveau set, conçu pour de grandes scènes, face à des salles assises, et qui les voit seuls tous les quatre redonner à l’acoustique une place prépondérante et aux chansons un écrin musical tout en délicatesse, qui replace le texte au centre de subtils arrangements.
Car si les Ogres excellent à communier avec leur public dans l’enthousiasme de rythmes festifs [terme aussi péjoratif pour certains que celui de « populaire »], ils sont tout aussi capables de ciseler, en parfaits joailliers de la chanson, des perles d’une sensibilité à faire pâlir une bonne partie de leurs congénères. Ce nouvel album [qui n’est en rien un enregistrement du spectacle actuel, précisons-le clairement] vient le rappeler à ceux qui auraient eu tendance à l’oublier.
Enregistré « à la maison » dans une ambiance intimiste avec un parterre limité à deux cents personnes, Avril et Vous répond ainsi au désir de laisser une trace discographique de cette autre facette du travail du groupe. S’y côtoient certains titres illustrant parfaitement cette aptitude à écrire des morceaux majeurs [Avril et toi, Monsieur perd ses copains, Peuple du moment, Tout perdu, Contes, vents et marées...], d’autres plus légers [Grand-Père, L'air bête, ou la joyeuse reprise de Pour me rendre à mon bureau de Jean Boyer, qui voisine ainsi avec la tendre Au café du canal de Pierre Perret] et deux très belles chansons inédites [Jésus et Jérôme – délicate ode à la tolérance homosexuelle]. Comme un cadeau supplémentaire sur un disque qui en regorge, Loïc Lantoine et François Pierron, en compagnons d'esprit libertaire, sont passés offrir La belle flambée, poésie chantée à paraître sur leur prochain album.

D'autre part, il est également important de rappeler que peu de groupes semblent garder autant que les Ogres en point de mire ce qui est la véritable raison d'être de leur travail : le public. N'allez pas chercher ne serait-ce qu’une once de démagogie dans ce propos, cela n'a jamais été l'esprit de la maison. Tout dans leur démarche – du prix de leurs disques aux tarifs d’entrée à leurs concerts, de la qualité irréprochable de l'objet vendu au soin apporté à la préparation des spectacles, du nombre de concerts effectués aux endroits reculés auxquels ils implantèrent leurs chapiteaux – en apporte la preuve, si tant est que celle-ci soit nécessaire.
C'est véritablement sur scène que les Ogres sont au cœur du sens qu'ils donnent à leur aventure, dans le partage avec les innombrables personnes qui les suivent ou les découvrent. Qu'ils leur permettent, avec ce neuvième album, de pouvoir se procurer une nouvelle empreinte discographique de cette relation n’est donc guère étonnant.

Ainsi donc, Avril et vous est à l’image de ses auteurs : humble, généreux et attachant. Et d’une inaltérable qualité.

Compil’ "Nautissages", six groupes locaux pour une rencontre !
Hip hop, jazz manouche, métal… Autant de genres musicaux différents qui se croisent quotidiennement au Nautilus. De quoi suggérer l’idée d'une compilation de "featurings" (rencontres). Un projet artistique et humain dont le lancement officiel aura lieu lors d’un grand concert le 21 janvier.
Depuis janvier 2005, six groupes locaux, Tikno Vago (jazz manouche), Spark Gap (punk rock), Broosse Crew (hip hop), Josny Cameüs et L'abbé Mase (hip hop), Haïku (métal) et Daron Dub (électro-dub) travaillent avec enthousiasme sous la houlette de Philippe Jules, musicien professionnel et animateur du Nautilus. Deux objectifs : réenregistrer dans des conditions techniques et artistiques optimales un des morceaux de leur répertoire et, plus singulièrement, proposer une création originale en « binôme » avec un des autres groupes fréquentant le Nautilus, à l’univers musical diamétralement opposé, voire antagoniste… Et le mélange a pris ! Des amitiés formées naturellement ont donné lieu à des titres originaux.
Mélange des genres et des publics
"Ecoute le son qui te fera faire des bonds, qui fera tomber tes préjugés » aime à scander Juviano. C’est bien là tout l’esprit du projet de compilation. "Avec l’équipe du centre culturel, nous sommes partis sur l’idée d’une rencontre entre des musiciens d’univers, de registres musicaux foncièrement différents" explique Philippe Jules. "J’ai d’abord proposé aux six groupes d’écouter le répertoire de chacun afin qu’ils échangent leurs regards sur ces esthétiques diverses et qu’un déclic éventuel les amène à créer ensemble".
Mélange des groupes certes, mais aussi mélange des publics. Les spectateurs avaient pu en voir les prémices lors du Festival des Nautiliennes le 30 avril ainsi que lors de la dernière fête de la musique. Deux avant-premières qui avaient suscité leur engouement. Aujourd’hui, la compilation, Nautissages, est enregistrée et en phase de finition. Pressée en 1000 exemplaires, elle sera dans les bacs (FNAC, Grand Cercle, Réseau Combo 95...) en janvier 2006. Ce sera la plus belle carte de visite musicale dont pouvait rêver le Nautilus pour mettre son action en valeur et celle qu’attendaient les groupes pour se faire connaître auprès des professionnels et du public.

Présentez Armes !
Présentez armes !La Caserne Bossut à Pontoise a fermé ses portes en janvier dernier. Pendant cinq ans, elle a accueilli des plasticiens, des circassiens et des musiciens ; près de 400 artistes, valdoisiens ou non, qui ont su profiter du lieu pour travailler leur art et se faire connaître. Difficile d'oublier ses années pour certains… Impossible pour une poignée d'entre eux qui a décidé de faire connaître les groupes de musique qui sont passés par la Caserne à travers la compilation Présentez Armes ! réunissant 32 groupes sur un double CD.
Sébastien Campos et Mickaël Avignon, résidents à la Caserne pendant quatre ans, et membres du groupe Orange Street ont souhaité mettre en valeur leurs expériences et les moments vécus sur le lieu. De nombreux groupes s'y sont construits, renforcés, diffusés et parfois même professionnalisés. La majorité d'entre eux sont considérés comme de jeunes talents émergents (Yakar, 3 Faze, Van Magnet, Juska, Sherkan,…) et c'est particulièrement eux que cette compilation se propose de promouvoir. Sans oublier à leurs côtés, des artistes qui ont déjà fait "leurs armes" : Stanley Beckford, Enhancer, Les Hurlements d'Léo, Les Ogres de Barback, Debout sur le Zinc, etc.
Plus qu'une marque de passage, cette compilation reflète le lien que les jeunes appelés ont établi avec des formations renommées, et souligne l'éclectisme, le foisonnement des genres qui se sont croisés à la Caserne.
La fermeture du site a laissé un grand vide menaçant l'expansion et la reconnaissance des artistes auprès du public. Plus de la moitié des groupes réunis ici sont originaires du Val-d'Oise, et cette compilation débarque à pic dans les bacs afin de poursuivre la bataille entamée : le département regorge d'artistes à découvrir, qu'on leur donne un minimum de moyens pour exister !

Contact : premierdragon@tele2.fr, 06 84 22 04 18
Artistes de la compilation à découvrir sur scène les 17, 18, et 19 juin à l'occasion du "100 Contests", esplanade de Paris / Axe majeur à Cergy
Audrey 14/05/2004

Magdoul - "K. Rouges"
MagdoolEnregistré en juillet 2002, K. Rouges est le premier album du bassiste Abdel Magdoul.
Sa formation d'une dizaine de musiciens nous offre ici une fusion moderne de cuivres jazzy, et de rythmes afro-cubains, le tout soutenu par une basse bien groove. Puisque qu'il faut mettre des étiquettes, on peut dire que ce disque s'inscrit dans la tendance "world jazz" qui connaît un grand succès en France actuellement.
Mention spéciale pour le titre "MUJER AFGANA", le seul morceau chanté de l'album. C'est un superbe texte engagé dédié aux femmes afghanes et à leurs calvaires qui continu encore aujourd'hui. Cette chanson à été écrite et interprétée en espagnol par le percussionniste, chanteur Ricardo Garatea. Un morceau qui plaira également aux auditeurs allergique au jazz.
Si vous aimez le jazz, ou si vous aimez les percussions cubaines, allez vite écouter ce disque aussi puissant que métissé à la Fnac de Cergy (prix : 10,5 €).

Rocket From the Crypt - "Live from X-Ray camp" (Vagrant/Universal)
Rocket from the cryptOn pourra disserter des heures sur le bien-fondé du retour en grâce du rock n'roll, et se demander, pour la nième fois, si la mode aura raison de lui. Mais ne boudons pas notre plaisir devant la surexposition des nombreux groupes du genre, l'émergence de nouveaux talents et le come back de certains qui commençaient à ronger leur frein. Les RFTC existent depuis bien des années (18, selon leurs dires), et conservent une attitude rock n'roll indécrottable. Gageons que cette focalisation (passagère ?) et ce retour aux sources donnera à leur nouveau disque, "Live from the x ray camp" (ne pas vous fier au titre, il s'agit d'un album studio), un impact particulier. Car il est d'une qualité rare. Toutes guitares dehors, les six musiciens se livrent à une belle démonstration de rock sauvage et mélodique, au rythme saccadé et soutenu, et aux accents écorchées d'un chanteur à mi-chemin entre Eddie Cochrane et Jon Spencer. Mais la musique des RFTC n'atteint son paroxysme qu'au moment où les cuivres entrent en scène pour venir déchaîner les passions. Donnant aux compositions une dimension unique et décuplant leur intérêt. Oui, il existe White Stripes, les Strokes, Yeah Yeah Yeahs et les Libertines, mais n'oubliez surtout pas les Rocket From The Crypt, fleuron d'un rock tout aussi sincère et efficace.
Romain 26/07/2003

Freddie Redd - "Redd's Blues" (Blue Note Records, 2002)
Freddie ReddAvec l'album "Redd's Blues" sorti en 2002, on redécouvre le talent de Freddie Redd, pianiste bop et compositeur plus connu pour la musique de la pièce à succès The Connection. On le retrouve ici dans une session enregistrée en 1961 avec quelques stars de la scène jazz de l'époque : Paul Chambers (b), Benny Bailey (t), Jackie McLean (alto sax), Tina Brooks (tenor sax) et Sir John Godfrey (d). Six compositions originales de Redd pour se replonger dans l'ambiance innovatrice, fertile et poétique des années bop. Le son et la rythmique de Freddie s'harmonisent avec l'improvisation du groupe pour nous faire voyager avec humour et fraîcheur dans le paysage des émotions humaines. Sa musique nous rappelle que les oeuvres qui naissent du cœur traversent l'espace et le temps sans prendre une ride. ("Connoisseurs CD series", édition limitée : www.bluenote.com/connoisseur).
Corinne Cécilia 05/07/2003

Tao Menizoo - "taomenizoo" - www.taomenizoo.com
Tao MenizooGroupe fondateur du Collectif Wormcast (www.wormcast.com), Tao Menizoo sort en ce mois de mars 2003 son premier album, un digipack 11 titres enrichi d'une piste CD-Rom (MP3 d'antan, photos live et posées, textes).
Pratiquant un métal énergique et réfléchi, Tao Menizoo conjugue les brutalités hardcore d'un Biohazard, avec un chant tribal/death à la Sepultura (agrémenté de passages mélodiques parfois surprenants car inattendus), et une musique orientée thrash-metal à la Voivod ou Neurosis.
Ces 11 titres présentent ainsi les différentes facettes d'un groupe qui se plait à multiplier les clins d'oeil et les ambiances (un pont "discoïde" ici, des boucles électro-indus là, ...) sans oublier énergie et efficacité.
Distribution Musicast (musicast.fr) sortie le 15 mars 2003
Contact : taomenizoo@wanadoo.fr - Laurent : 06 60 56 80 63
03/2003

Dead Pop Club "Autopilot Off" (Crash-Diaolik/Pias) - www.deadpopclub.com
Dead Pop ClubVoilà une sortie que l'on attendait impatiemment. Discret, pas flambeurs, pas rock stars pour un sou, les Dead Pop ont quand même le chic pour concocter des bijoux mélodiques sauce power pop (dont Weezer, Foo Fighters et Pixies ont avant eux trouver la recette). C'est donc "Autopilot Off" qui succède à l'excellent "Superpower". Moins tubesque au premier abord, les mélodies vous parlent sans aucun problèmes au bout de quelques écoutes, et squattent votre tête comme un vieux morceau des 80's. On retrouve toujours chez eux cet ingénieux mélange de pop sucrée, mélodique à pleurer ("Ghost World", "Satisfied"), et de stress urbain, pas si éloignée de Girls Against Boys ("It's Not Just Rock'n'Roll", "End Of Days"). Ce qui dégage finalement un ensemble homogène et terriblement crédible.
Actuellement en tournée, avec deux passages à Paris (le 10/11 au Nouveau Casino, et le 21/11 à la Guinguette Pirate, avec Second Rate).
Romain 04/11/2002

Seven Hate "Matching The Profile", (At(h)ome/BMG)
Seven HateOn annonçait un tournant "emo" pour le quatuor de Poitiers avec ce cinquième album. Réputé pour ses ritournelles punk-rock agréables et planantes, on ne pouvait que se réjouir de voir nos Seven Hate ralentir un peu le tempo, et pondre quelques tubes à faire pleurer. Le pari est gagné. L'album égrène les perles mélodiques, aux notes qui se détachent telles des larmes pour se fondre aux puissantes rythmiques, à la manière de Texas Is The Reason. Des morceaux rapides ("Goddamn City", "Serial Tape Burner") aux performances très calmes ("Forward", "Anxious"), Seven Hate nous offre de véritables moments de grâce, après lesquels on peut affronter toutes les difficultés du monde. Certains regretteront l'époque du punk-rock brut de décoffrage, mais d'autres verront en "Matching the profile" une évolution naturelle. C'est tout simplement leur album le plus personnel à ce jour.
Romain 19/08/2002

La Phaze "Pungle Roads", (The Modern Things/Tripsichord)
Après les deux maxis (dont le superbe "Cushy Time") qui avaient laissé tout le monde bouche bée, voici enfin le premier album du trio jungle-ragga-jazz-hip hop-punk La Phaze. "Pungle Roads" délivre, comme ses prédécesseurs, une énergie débordante, et une frénésie qui pousse même à danser tout seul chez soi. Mais il sait également faire place aux ambiances plus intimes, où passages instrumentaux ("Uniday") et voix féminine ("La grande question"), font apparaître une facette du groupe cachée jusqu'ici. On aurait certes préféré plus de textes chantés en anglais, qui masquent souvent mieux les imperfections du français, mais le pois sauteur Damny Baluteau (chant) conserve toute sa verve "raggaïenne" et son efficacité. Ce qui réjouit, surtout, c'est la qualité des 13 titres, musicalement riches, et produits de manière impeccable. Pour ceux qui les auraient manqués leur live en décembre à Pontoise, La Phaze se produira au Nouveau Casino (Paris 11e), le 12 septembre.
Romain 19/08/2002

McLusky, "McLusky do Dallas", Too Pure/Labels
Mc LuskyAttention, oreilles sensibles s'abstenir ! La tempête écossaise McLusky fait plus de bruit que mille aspirateurs en action ! Du bruit 100 % pur jus, que provoquent une basse percutante et bourdonnante se cognant à une batterie brute de décoffrage. En bref, une production digne de Steve Albini, qui s'est justement chargé de l'enregistrement. Ajoutez-y une guitare stridente qui colle au chant d'un hurleur dézingué, vous obtenez le plus surprenant groupe de noise qui ait existé depuis Jesus Lizard. Avec quelques intonations Fugazi et Pixies ici et là, le trio crée la surprise, tant on croyait cette noise viscérale et sauvage réservée au fonds de catalogue Touch & Go. Un véritable revival, en somme.
Romain 19/07/2002

Whysome, "Not even close to what it was meant to be", autoproduit - www.whysome.com
WhysomeVoilà la bonne surprise des tremplins des Eurockéennes (à côté bien sûr, des excellents Flying Donuts !). Les Suisses de Whysome ne séduisent pas forcément par leur originalité, mais par la qualité et la mise en place de leur musique. Le 5 titres s'ouvre d'emblée sur un tube power pop évident, "Breathing ashes", qui aurait toutes les chances de convaincre outre-Manche. Des accents qui se confirment avec "Ten Million" (évoquant à certains égards Jimmy Eat World), où la guitare acoustique et les chœurs font leur apparition. Whysome, c'est aussi une pop ténébreuse, planante et mélancolique ("Too late now" et "Shine when you fade") qui sait enfin se faire remixer à la sauce jungle hypnotisante (" Rules "). A suivre, donc, si la France lui fait une petite place.
Romain 19/07/2002

Kargol's, "Invertébré", Crash Disques/Pias
Kargol'sOn attendait avec curiosité le nouvel opus des catalans. Discrets depuis leur précédent "Satyagraha", et le tragique accident de Marmande qui a suivi sa sortie, les Kargol's reviennent plus fort que jamais avec un "Invertébré" de haute tenue. Un long album, pas ennuyeux pour un sou, et une musique qui gagne en maturité et en efficacité. Reggae et ska côtoient avec brio le hardcore le plus basique, tandis que les voix des deux saxophonistes distillent tour à tour fiesta et colère. Un album qui devrait tourner sur les platines cet été.
Romain 19/07/2002

Renaud, "Boucan d'enfer", Virgin
Renaud, Boucan d'enferCa y est ! Après six ans de silence radio et huit ans d'absence créative, notre chti national nous revient enfin. Le silence de Renaud se confondait avec dépression et alcool. Il nous présente aujourd'hui son Boucan d'enfer dans lequel il troque la révolte contre le dévoilement.
Cet album c'est, comme le titre de la première chanson, celui de "Docteur Renaud" et "Mister Renard". "Renaud s'efforce (…) d'écrire de jolies histoires", tandis que " le Renard n'a que des gros mots, la parano et le cafard ne lui inspirent que des idées noires". Boucan d'enfer c'est exactement cela : une lutte entre un Renaud poète et s'evertuant à croire un peu en l'espoir, et un Renard dépressif, désabusé et ne croyant plus en rien. Si certaines chansons sont résolument Renaud ("Mon bistrot préféré"), et d'autres résolument Renard ("Manhattan-Kaboul"), la majorité des chansons est un mélange des deux personnalités à la fois.
Et puis bien sûr, on retrouve les personnages récurrents : Dominique, son "Cœur perdu", Lola, sa "Doudou", Coluche, Mitterrand… Renaud n'oublie pas d'être cynique et drôle comme sur ses albums précédents.
Enfin notre "chtimi jusqu'au bout des nuages" nous offre un dernier opus qui a la très grande qualité d'être fidèle à ses précédents mais également de nous séduire grâce à un nouvel atout, l'honnêteté.
Dorothée 30/05/2002

Flying Donuts, "Last Straight Line" (Vampire/José Records)
Flying DonutsL'Hexagone recèle son lot de formations qui peuvent aujourd'hui prétendre à la succession des Burning Heads ou de Seven Hate lorsqu'ils auront décidé de raccrocher. On sait que les Français sont loin d'être les derniers de la classe sur le créneau du "punk-mélodique", mais certains sortent parfois du lot de manière évidente. Flying Donuts fait partie de cette population là. Avec son "Last Straight Line", fraîchement sorti des presses, le groupe vient dissiper tous les arrières-goût qu'on avait garder après l'écoute de leur titre décevant sur Emo Glam Connection (voir plus bas). Etrange métamorphose en quelques mois. Leur album fait l'effet d'une bombe où s'enchaînent tube sur tube : mélodies léchées, recherchées et puissantes, efficacité sans faille, avec chants qui alternent intelligemment entre violence et quiétude. Tout est ici réuni (y compris l'originalité) pour que leur punk-rock fonctionne à merveille. Leur approche personnelle du style (qui peut nous rappeler parfois Six Pack ou Tomy) fait de "Last Straight Line" un disque précieux et recommandé, promis sans doute à un bel avenir.
A bon entendeur...
Romain 26/03/02

Dionysos, "Western sous la neige" (Trema/Sony)
DionysosEncensé par les médias, et accédant à une plus grande notoriété, lors de la sortie de "Haiku", il semble ici que Dionysos soit passé à côté de quelque chose. Voulant sans doute renouveler l'exploit de leur bon précédent album, il semble que les 5 de Valence aient placé la barre un peu haut. Leur album manque, tout d'abord, cruellement de surprise. Tout est calqué, à peu de chose près, sur le précédent. Les ballades folk ou rock sur fond de poésie surréaliste et enfantine commencent à lasser (elles sont prévisibles), et leurs titres pop-punk-blues-déjantés fleurent bon le Jon Spencer remanié (et ça commence à se voir). La production, ensuite, n'est pas à la hauteur. Faire fusionner le talent de Steve Albini avec la créativité de Dionysos avait tout pour faire rêver. Mais non. Albini n'a rien apporté au groupe. Tout est trop lisse, clair et propre. Mais rendons à Dionysos ce qui leur appartient : c'est un groupe de scène énorme (imaginez 5 bonzommes montés sur ressorts, sautillant pendant plus d'une heure et demi), qui défend à merveille un disque qui aurait pu simplement être meilleur.
Romain 26/03/02

Rival Schools, "United By Fate" (Mercury/Import) - www.rivalschoolsunite.com
Rivak SchoolsRival Schools a débarqué en France fin 2001, avec à son bord un ex-Gorilla Biscuit. Moins radical dans le chant et les compositions, la power-pop de Rival Schools reste néanmoins d'une efficacité sans faille. Avec ses arrangements soignés, ses mélodies travaillées, subtiles et acérées, qui vont droit à l'essentiel, Rival Schools fait évidemment la part belle aux guitares électriques, mélodiques ou noisy, mais également aux envolées acoustiques. Le tout est soutenu par une rythmique puissante, un brin ravageuse parfois. Les titres sont également servis par une voix qui ne respire pas la gaieté, mais qui colle parfaitement à l'ensemble, sans en faire trop. Et puis, ça et là, le groupe s'autorise quelques escapades en terrains connus : "High acerate" fleure bon le vieux Nirvana concis et sans fioritures, tandis que "Used For Glue" nous rappelle étrangement Handsome, quand la pop s'accouplait avec le métal de manière intelligente. Avec un premier album aussi convaincant, gageons que Rival Schools fera parler de lui très prochainement.
Romain 09/01/02

Mise à jour le 20 mai 2006